Analyse syndicale de l'actualité récente chez Ethias

Au bout d’une semaine pleine de rebondissement concernant notre actionnaire principal Ethias, l’équipe Setca NRB tient à faire le point et à placer une série jalons concernant notre entreprise NRB qui, bien malgré elle, s’est retrouvée exposée dans la presse. 

La pérennisation de l’activité de NRB Herstal  au travers de la signature du contrat Marco Polo.

Il y a quelques mois maintenant, Ethias et NRB ont  finalisé la signature de Marco Polo. Ce contrat vise  avant tout à créer un cadre dans le temps afin de permettre à NRB Herstal de décliner son plan industriel fraichement constitué et d’accroitre son indépendance financière vis-à-vis d’Ethias.

En effet, la volonté d’Ethias de s’ouvrir à d’autres acteurs informatiques présents sur le marché  était en route, le choix de la solution package Guidewire plutôt  que la solution de modernisation de l’applicatif existant actant ce choix.  

Les instances sociales de NRB ont dénoncé à l’époque l’orientation prise, mais surtout les raisons ayant conduit à ce choix : la décision prise semblait plus revêtir un caractère  philosophique, d’état d’âme  qu’un caractère à réflexion industrielle. 

Le rejet de NRB émanant d’une partie de la direction d’Ethias était flagrant. NRB semblait être devenu le coupable de tous les maux. Comme si les errements financiers d’Ethias devaient nous être imputés.      

Très isolé, Mr Thiry, CEO d’Ethias, mais aussi président du Conseil d’administration de NRB, a fini par imposer à ses troupes Marco Polo. Il a là pleinement rempli son rôle de Président du C.A. de NRB en lui permettant de planifier un avenir dans lequel Ethias ne sera plus central. Nous l’en remercions.

La bombe à venir : la mutation informatique d’Ethias dans un environnement  en pleine réinvention.

Le Setca observe actuellement avec la plus grande inquiétude l’état d’avancement de l’implémentation de Guidewire chez Ethias. Non seulement le produit ne semble pas répondre à la réalité industrielle des collectivités, non seulement, la méconnaissance des réels  impacts métiers et financiers  de cette mutation informatique semble  flagrante, mais en plus, dans les faits, le spectre de chaos informatique se profile chaque jour un peu plus au vu de la complexité du projet. Le carcan financier d’Ethias est très serré et encadré par la BNB ; les réels coûts de la mutation informatique en cours  n’ont rien à voir avec ceux promis par certains. Il suffit de comparer l’investissement d’autres acteurs en bancassurance pour se rendre compte que les montants mis sur la table par Ethias pour opérer sa transformation digitale sont ridiculement bas. De plus, quand on observe ces mêmes acteurs de bancassurance, on remarque qu’ils accélèrent leur mutation pour tenter de consolider leurs parts de marchés stratégiques. La branche vie est souvent sacrifiée, les taux bas perdurant. 

Le choix de Big bang informatique dans ce contexte financier serré actuellement en cours chez Ethias ne peut aboutir à un échec, sous peine de sanction immédiate par les autorités compétentes. Dès que les applications actuellement efficientes commenceront à être décommissionnnées, le point de non retour sera franchi.  Les multiples avertissements du Setca sur le sujet, à la fois auprès de la direction d’Ethias, mais aussi d’acteurs politiques pertinents sont restés lettre morte.  Soit, mais le Setca est en droit de s’inquiéter au vu des sorties de presse la semaine dernière, sorties qui actent les marges étroites dans lesquelles Ethias se débat pour pouvoir déployer sa stratégie de Stand Alone.

NRB, la variable d’ajustement.

Dans le chaos à venir, il est sûr que le Setca Liège sera présent auprès de NRB : NRB ne doit pas être la variable d’ajustement à qui on refuse de payer des factures en usant de la double casquette d’Ethias Client/Actionnaire. 

Par ailleurs, dans les plans d’actions d’Ethias actuellement envisagés pour répondre aux besoins Solvency II (Ethias doit accroitre ses fonds propres d’environ 600 millions d’euros), deux points concernent particulièrement NRB :

     1. Revalorisation de NRB Group  dans les comptes d’Ethias.

Actuellement, NRB Group est valorisé à hauteur de 80 millions d’euros dans les comptes d’Ethias.  Le chiffre d’affaires du groupe étant dorénavant d’environ 300 millions d’euros, il tombe sous le sens que NRB est effectivement sous-évalué. La revalorisation est un ballon d’oxygène indéniable, sans impact social quelconque.

     2. Diminution de la participation d’Ethias dans l’actionnariat de NRB Group  

Ethias étudie le fait de diminuer sa participation dans l’actionnariat, actuellement de l’ordre de 68 %, pour se contenter d’environ 30 % des  parts. Le pourcentage résiduel envisagé permettrait à Ethias de rester un acteur incontournable pour décider du déploiement futur de NRB. Le Setca se pose dès lors légitimement la question de savoir quel acteur serait intéressé d’accroître sa participation avec une « belle-mère » qui le briderait dans ses projets.

Dans la presse néerlandophone, des scenarii de vente totale de NRB Group sont évoqués : l’appétit pour cette pépite Wallonne est réel.

NRB, la position du Setca

Si le Setca Liège s’est ému du sort d’Ethias dans la presse (cfr le dernier communiqué), il va de soi que le combat pour la pérennité de NRB constitue un autre axe de ses préoccupations. Des choix qui vont s’opérer au niveau des nominations à venir pour remplacer Mr Thiry pour les postes de CEO d’Ethias et de président du Conseil d’administration de NRB Group, vont découler une série d’impacts pour le futur de NRB. 

NRB est spectacteur bien malgré lui des événements actuels chez Ethias. Il ne faudrait pas que ces mêmes événements créent un effet d’aubaine pour déstabiliser l’entreprise NRB. Le monde politique Wallon doit être conscient que NRB Group représente 2.000 travailleurs, soit autant que nos malheureux collègues de Caterpillar. La différence, fondamentale : tous les leviers de décisions sont belges. 

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